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Jérémie Baldocchi, la tête dans les étoiles, le talent sur les épaules.

le 9 avril 2014
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Jérémie Baldocchi, peintre parisien de 38 ans dont le passé artistique nous donne le vertige, nous a accordé une entrevue riche en images et en confidences. Rencontre avec un passionné qui ne risque pas de s’emmêler les pinceaux.

 

Ben et Joss : Salut Jérémie ! La deuxième chose qui nous a intriguée (la première, c’est ton univers passionnant), c’est le nombre d’expositions que tu as déjà faites, et ce dans le monde entier. Quel fut ton parcours pour en arriver là ?

 

Jérémie Baldocchi : Je n’ai jamais vraiment aimé l’école. Au collège je passais mon temps à faire rire aussi bien les autres élèves que les professeurs. J’étais plus populaire pour mes blagues et mes tenues vestimentaires que pour la qualité de mon bulletin de notes. Je ne comprenais pas vraiment à quoi cela me servait d’étudier alors que ce que je voulais faire plus tard serait un métier artistique. J’ai donc arrêté mes études très tôt puisque j’avais à peine franchi les portes du lycée qu’aussitôt, 3 mois après, je l’ai quitté définitivement pour aller dans une école d’art en cours du soir durant le reste de l’année, puis à temps pleins parl a suite, et ce durant 3 ans. Plus tard j’ai suivi des cours à l’ADDAC et au cours du soir des Beaux Arts de la Ville de Paris. En sortant de l’école j’ai travaillé pour quelques magazines, cette expérience m’a déplu, j’ai donc très vite eu envie de montrer mon travail au public. J’ai sauté sur l’occasion lorsqu’en 2000, la responsable de la communication de la Fnac du Forum des Halles (à Paris) m’a proposé d’exposer dans le magasin.

Ce fut le point de départ d’une longue série d’expositions. Je suis resté fidèle à la Fnac en y exposant chaque année durant 10 ans.

 

BJ : Quelles sont tes inspirations ?

 

Jérémie : Mes inspirations sont basées sur le quotidien et les petites habitudes des gens.

J’aimerai aussi réussir à fixer le sentiment de désespoir qui se niche en chacun de nous, la part de notre être à qui il manque, insatiablement, quelque chose, cette part de nous qui n’est jamais heureuse ; même si tous les ingrédients sont réunis, le bonheur total n’est pas au rendez-vous. C’est cette mélancolie qui m’intéresse et que j’aimerais représenter visuellement.

D’un point de vue artistique beaucoup de peintres et illustrateurs sont des modèles pour moi : Voutch, Botero, Lucian Freud, Francis Bacon, Valerio Adami, Jean Rustin…

Je suis aussi un passionné de photographie qui est l’une de mes plus grandes sources d’inspiration.

 

BJ : Quel a été ton déclic ? Comment as-tu su que c’était la création et pas autre chose ?

 

Jérémie : J’ai toujours voulu faire un métier artistique, mon grand-père a fait de la ferronnerie d’art, ma grand-mère peignait aussi et ayant pris modèle dès mon plus jeune âge sur mon oncle, je voulais être un artiste tout comme lui.

Je pense que lorsque l’on souhaite réellement quelque chose, cela fini forcement par arriver, car consciemment ou inconsciemment on met tout en oeuvre pour y parvenir.

Donc si j’ai eu un déclic c’est tout petit, je n’étais qu’un enfant.

 

BJ : Si tu devais te projeter dans 10 ans … ?

 

Jérémie : Mon souhait le plus cher, comme toute personne faisant de la création, c’est que mon travail ne soit pas seulement reconnu des professionnels mais aussi du grand public. Je suis conscient que ma peinture est peu commune, cette « non-représentation » de la tête est une lutte de tous les jours, mais j’y crois et me battrais jusqu’au bout.

Donc dans 10 ans l’idéal serait de gager les yeux d’un plus grand nombre de gens.

 

BJ :Qu’est-ce que l’art pour toi et quel rapport entretiens-tu avec ton art ?

 

Jérémie : L’art englobe beaucoup de choses. Pour moi tout est « art », c’est pour cela aussi que je fais mes « photos du jour » (je prend une photo par jour de ce qui se passe dans ma vie depuis 2003). Ces clichés hebdomadaires me servent aussi à révéler aux gens que tout peut être beau et artistique : un panneau de signalisation, un bout de bitume, un repas, un pigeon écrasé… Je pense que l’art n’existe pas en tant que tel, c’est juste l’interprétation de ce qui est projeté dans notre tête ; c’est pour cela qu’une personne, devant le même objet ou la même scène sera ému et une autre pas.

Mon rapport avec mon travail est conflictuel : dés que j’ai fini une oeuvre, je ne l’aime plus. Comme je l’expliquais, je n’arrive pas à représenter avec exactitude ce que j’ai dans la tête.

 

BJ : Comme ça nous parle ça ! Une vie sans création, est-ce envisageable ?

 

Jérémie : Une vie sans création ressemblerait à la vie d’une secrétaire médicale. On se lève, on part bosser à 8h, puis vers 13h on a sa pause repas, pour finir à 17h, on prépare le repas à 19h, on se couche vers 23h. C’est la vie de beaucoup de personnes salariés en entreprise. C’est très monotone mais c’est simple car tout est compartimenté, et il y a place à quelques pauses. Une vie de création, enfin la mienne, c’est levé à 7h et travail jusqu’à 1h ou 2h du matin avec de très rares pauses. Au final on travaille 10 fois plus lorsqu’on a pas de patron, car il faut tout faire: gérer, démarcher, créer, exposer…

 

BJ : Une nuit créative : qu’est-ce que cela t’inspire ?

 

Jérémie : Lorsque j’étais plus jeune, nous nous réunissions avec les copains de l’école, nous faisions des fresques murales, des « cadavres exquis » et parfois même il nous arrivait d’aller sur les toits de Paris pour y dessiner sur les cheminées, on pouvait alors parler de « nuits créatives ».

Aujourd’hui encore, il m’arrive parfois de créer et peindre très tard dans la nuit, parfois même jusqu’à l’aube.

 

BJ : Quelle est la prochaine étape de ton parcours artistique ?

 

Jérémie : Je participe en ce moment à une grosse foire à Bruxelles (Affordable Art Fair), puis il est prévu que j’expose à Art Palm Spring, une autre foire d’art contemporain en Californie aux Etats-Unis. En parallèle j’expose une toile tout au long du mois à la galerie Thuillier à Paris.

Au cours des prochains mois je vais participer à deux expositions de groupe à la galerie du Vert Galant ainsi que la galerie de Nesle, toutes 2 à Paris. Au mois de juin, j’ouvre mon atelier au public ce que j’ai pour habitude de faire une fois par an durant un week-end. Sinon d’un point de vue artistique j’ai envie de changement : j’ai pour projet de changer de sujets et d’explorer de nouveaux points de vue.

 

Propos recueillis par Laurie Darmon

 


 


 

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