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Anaïs Montreau, jeune fille qui s’écrit.

le 14 juin 2014
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Anaïs Montreau, parisienne de 21 ans, est une auteure précoce qui a publié son premier livre lorsqu’elle avait 18 ans. Mise au défi par un ami d’écrire un roman en un an lorsqu’elle était au collège, elle se lance et ne s’arrête plus. Depuis, écrire est un loisir auquel elle livre sa version personnelle des petits riens légers et sérieux qui peuplent le monde. Entrevue orale d’une jeune fille qui s’écrit.

 

Ben et Joss : Salut Anaïs ! A part être une auteure publiée à 18 ans, qui es-tu ?

Anaïs Montreau : Je suis une étudiante stressée par ses partiels ! Je suis en troisième année d’Histoire de l’Art (en pleine période de partiels d’ailleurs). J’ai eu un Bac L option Arts plastiques. A l’origine, je voulais devenir psychologue, mais c’est en prenant des cours optionnels d’histoire de l’art à mon lycée que j’ai eu le déclic : j’étais faite pour ça.

 

BJ: Quelle place accordes-tu donc à l’écriture ?

Anaïs : L’écriture est surtout un passe-temps, un loisir. Malheureusement j’y passe beaucoup moins de temps qu’avant. Quand j’étais au collège, outre l’écriture de Dieu et le Vernis à ongles (ndlr : son premier roman), tous les soirs je passais des heures à écrire, coller, rayer des choses sur mon agenda. Je racontais ma journée, ce que je ressentais. Aujourd’hui je ne le fais plus et il faudrait que je m’y remette !

 

BJ : Comment passe-t-on de l’exercice quotidien du journal intime que l’on tient pour soi à l’écriture d’un roman qui a vocation à être lu par tous et dont on espère une publication ?

Anaïs : Je n’ai pas véritablement appréhendé les choses. C’est en quatrième, à la suite d’un pari avec mon meilleur ami que m’est venue cette envie. Je devais écrire un roman en un an et lui faire lire mon histoire le jour de son anniversaire. J’ai finalement mis 4 ans à terminer, notamment par manque de temps, de volonté. Parfois je m’y mettais spontanément et je noircissais mes feuilles sans compter, d’autres fois mes idées restaient dans ma tête et je reportais à plus tard la rédaction. Je voulais vraiment lui écrire son histoire, à mon meilleur ami. Je voulais que tout soit parfait, quitte à prendre du temps.

 

BJ : Quel pari constructif ! De qui ou de quoi t’inspires-tu d’ailleurs lorsque tu écris ?

Anaïs : Ma source, je la prends dans ma vie, la vie des autres. Ce que je lis, ce que j’entends dans la rue, ce que je vois. Lorsque j’écris, je ne parle jamais à la première personne, j’aime être « en dehors » du récit. Cependant lorsque je raconte une histoire, il y a toujours des éléments qui me sont chers : le nom de ma rue préférée, quelque chose que j’ai vraiment vécu et que j’enjolive pour l’histoire, etc.

 

BJ : Toi qui es en histoire de l’art, la question te va bien : comment perçois-tu l’Art ?

Anaïs : Dostoïevski a dit « L’art sauvera le monde », et c’est comme ça que je vois l’art. Il est nécessaire à ma vie, et je pense que ça devrait être le cas pour tout le monde. L’art comme un échappatoire, qui nous permet de voir la vie autrement. Il occupe d’ailleurs une place très importante, et je suis bien contente de faire ces études qui me permettent d’en apprendre toujours plus. Pour beaucoup la littérature n’est pas un « art » à proprement parler, pour moi si. Les livres sont des œuvres d’art, aussi je me vois comme une sorte de peintre devant une toile lorsque je suis devant une feuille blanche, un stylo à la main !

 

BJ : Le scénario que t’évoque ces deux mots : nuit créative ?

Anaïs : Une nuit d’été, fenêtre ouverte, une lumière tamisée, des centaines de feuilles blanches et un porte-mine, mes crayons préférés pour écrire. Et si possible, entendre de ma fenêtre la voix des passants, les voitures de temps en temps et qui sait, même quelqu’un qui joue du piano ! Ce sont des centaines et des centaines de mots posés sur le papier sans voir le temps passer.

 

BJ : La scène nous parle ! L’écriture d’un second livre en cours ?

Anaïs : Pas encore. La prochaine étape, c’est prendre une année pour moi, voyager, apprendre une nouvelle langue, et écrire. Ecrire avant tout, un second roman peut-être, et en tous cas très régulièrement sur mon blog  RubyrubisRubi.

Propos recueillis par Laurie Darmon


Quatrième de couverture de Dieu et le Vernis à Ongles, premier roman d’Anaïs

 

« Puis, d’un coup, un bruit retentit. Comme si on allumait un microphone. Un bruit strident, suivi de près d’un son constant de respiration. Encore quelques secondes : 5 … 4 … 3 … 2 … 1. Il était onze heures ; l’heure de leur pourrir la vie. De les écraser comme des fourmis. De les faire pleurer de honte. C’était mon heure. Et pendant dix minutes, j’avais tous les droits. Tout m’était permis. » Qui croirait qu’un simple objet de mode puisse faire la pluie et le beau temps ? Un vernis qui plus est. Un vernis rose, pas n’importe lequel, un rose bonbon, un rose pétant. Un vernis dangereux qui engendre des querelles d’amour, d’amitiés, des meurtres. Cet objet vient jusqu’à prendre la place de maître du jeu dans la vie d’adolescents, même jusqu’à prendre plus de place que Dieu. »

Dieu et le Vernis à Ongles, Edition du Panthéon, 160 p.


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