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Joséphine Draï et Alexandra Cismondi, deux tornades féminines aux quatre mains productives.

le 8 septembre 2014
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Joséphine Draï et Alexandra Cismondi, ce sont deux tornades féminines qui sentent bon la pleine vie. Découvertes grâce à leur premier livre Fille qui roule n’amasse pas mec, nous avons voulu creuser les 156 pages de rires qu’elles nous offraient à lire, et rencontrer ces deux créatives aux quatre mains productives. Confidences.

 

Ben et Joss : Salut les filles ! On fait les présentations ?

Alexandra : Je commence ! Je m’appelle Alexandra Cismondi, je suis auteure et comédienne, mais surtout touche-à-tout. Je travaille actuellement sur ma première mise en scène, j’écris également des chansons, j’ai co-écrit le premier spectacle de Joséphine, et nous venons de publier notre premier livre également co-écrit.

Joséphine : Et moi je m’appelle Joséphine Draï, je suis comédienne et auteure également. J’ai donc co-écrit avec Alexandra mon premier spectacle qui était un one woman show avec de la musique (ndlr : Joséphine Ose). Aussi, je suis chroniqueuse à la radio sur France Inter depuis plus de deux ans, et à la télé.

 

BJ : Bon, donc l’interview est terminée ?! (Rires) Après quel type de parcours obtient-on ce résultat, cette envie d’écrire de tout et sans cesse ?

Joséphine : Pour le coup, nous n’avons pas tout à fait le même parcours. Personnellement, j’étais une élève très appliquée, très studieuse, et plutôt promise à de jolies études. Et puis finalement, après l’obtention d’un bac mention bien, j’ai tout abandonné du jour au lendemain. L’envie d’écrire était très présente, et ne pas faire de choix m’a rendue malade physiquement. Ma mère m’a donc dit un matin : « tu as un an d’avance, alors sers t’en pour essayer de faire ce que tu aimes au fond de toi ». J’ai donc lâché la fac pour de bon, je me suis lancée dans le théâtre, et je ne regrette en rien ce choix artistique.

Alexandra : En ce qui me concerne, j’étais en sport-études de danse jusqu’à mes 16 ans. J’étais bonne élève également et obnubilée par l’envie de faire une prépa littéraire. J’ai donc fait Hypokagne et Kagne pendant deux ans à Toulon, puis j’ai loupé tous les concours. Je suis alors montée à Paris, j’ai rencontré Joséphine et fais du théâtre en loisir. Parallèlement, j’ai passé un licence de géographie et un master en patrimoine. Les choses se sont ensuite précipitées du côté artistique lorsque Joséphine m’a emmenée passer un casting auquel ont fait suite deux trois autres déclics qui m’ont poussé à trancher et faire ce choix artistique. Je n’étais pas là où je devais être et j’en étais malheureuse. Aujourd’hui, je suis heureuse de me lever chaque matin.

 

BJ : C’est un beau choix. Il s’agit d’oser, beaucoup ne font pas ce pas. Comment vous êtes-vous rencontrées ?

Alexandra : On s’est rencontrées dans le quartier latin à Paris. Rue de la Huchette, à Saint-Michel. Je travaillais le soir dans un bar (ndlr : Le George Café) et j’ai rencontré la cousine de Joséphine, qui m’a ensuite présentée Joséphine. Notre complicité s’est dévoilée petit à petit.

Joséphine : Nous avions des centres d’intérêt communs, alors quand l’idée de mon spectacle est venue s’immiscer dans ma vie, j’ai eu envie de faire ce travail de compilation et d’agencement avec Alexandra. On se ressemble, mais on se complète beaucoup.

Alexandra : Oui, il y a un effet miroir entre nous deux, ce qui donne une véritable efficacité. Notre amitié et notre complicité permettent de se lâcher et d’oser dire les choses franchement.

 

BJ : Justement, on a dévoré votre antiguide de la loose. Comment avez-vous co-écrit ce premier livre Fille qui roule n’amasse pas mec ?

Alexandra : En tant qu’amies, nous partageons beaucoup de moments ensemble que l’on se note de côté. Ce sont des anecdotes naturelles !

Joséphine : Il y a beaucoup de vécu, mais pas que évidemment. On part de traits de caractères réels que l’on extrapole ensuite.

 

BJ : L’écriture à deux fut-elle fluide ?

Alexandra : Il faut dire qu’il ne s’agissait pas d’un type de livre difficile à écrire à quatre mains. La co-écriture n’aurait pas pu être possible pour n’importe quel livre.

Joséphine : On alternait souvent d’ailleurs. L’une écrivait, envoyait à l’autre qui annotait et renvoyait sa version, jusqu’à ce que l’on valide. Ce qui comptait c’était le fond plus que la forme. On savait qu’on souhaitait respecter l’intonation adoptée pour mon premier spectacle Joséphine Ose.

 

BJ : Le but de ce livre ?

Joséphine : Un concept qui puisse attirer l’œil sans prétention. L’antiguide de la loose quoi ! D’ailleurs, on pense à une éventuelle adaptation sous forme de programmes courts. Affaire à suivre donc… !

Alexandra : Et puis on aime ce titre drôle parce qu’il est un clin d’œil à l’expression « Pierre qui roule n’amasse pas mousse ». Il donne le ton du livre, et il vient d’une phrase du spectacle de Joséphine aussi.

 

BJ : Justement, où en est le spectacle Joséphine Ose, finalement première pierre à votre édifice créatif commun ? Est-il encore joué ?

Joséphine : Non j’ai arrêté de le jouer il y a quelques mois, par choix, car je ne me reconnaissais plus dedans. C’est dur de jouer quelque chose qui fut trop fidèle à votre peau, et qui, avec le temps, s’en écarte. On s’est alors lancées dans l’écriture du deuxième spectacle, dans lequel je suis toujours seule sur scène, accompagnées par deux musiciens ! Si tout va bien, j’espère le jouer au printemps prochain.

 

BJ : Dîtes-nous en plus !

Alexandra : L’histoire évolue. Le personnage grandit car il s’est passé quatre ans.

Joséphine : Ce spectacle, comme le premier, s’inspire de nos vies à un moment donné. Le premier, c’était notre célibat, notre jeunesse, et puis maintenant c’est une autre étape. La trentaine, le couple, le fait de penser à faire des enfants dans un futur très proche.

Alexandra : On parle beaucoup de la peur de la maternité dans la situation de précarité ambiante. On se projette dans un « Et si j’étais maman ».

 

BJ : Vous fourmillez de projets en commun. Qu’en est-il de vos projets personnels à venir ?

Alexandra : Je suis actuellement en train de mettre en scène la pièce Nulle part à l’heure que j’ai écrite. C’est l’histoire d’une femme de 35 ans qui perd la mémoire de manière précoce. Tous ses amis de jeunesse se réunissent alors autour d’elle et construisent une sorte d’album-photos vivant, ce qui les pousse à se demander ce qu’ils sont devenus aujourd’hui. Joséphine incarne d’ailleurs un des personnages de cette pièce que nous avons jouée dans un festival de pièces courtes (ndlr : Le festival de mise en capsule au Ciné 13). Je travaille donc sur la version longue. Je suis également en train d’écrire une autre pièce pour un metteur en scène qui s’appelle François Boursier. Il s’agit d’un registre plus engagé, et le thème porte sur les amours hors normes et les couples hors la loi. Je suis complètement passionnée ! Enfin, je co-écris actuellement l’album de Jean-Baptiste Maunier, qui sortira prochainement.

Joséphine : Quant à moi, je reprends ma troisième année à la radio sur France Inter dans l’émission de 5h à 7h du matin. Ma chronique intervient à 6h55 et porte sur l’actualité, avec un ton décalé puisque je joue un personnage à l’ouest, perché sur une autre planète. Aussi, j’ai tourné dans le téléfilm Arletty, une femme française avec Laetitia Casta, qui sera prochainement diffusé sur France 2. Je suis enfin en pleine écriture de deux longs-métrages.

 

BJ : Quel conseil donneriez-vous aux jeunes créatifs qui se trouvent dans ces instants de doute que vous avez surmontés en faisant un choix ?

Alexandra : Il faut se donner « la chance de », on retombe en tous cas sur ses pattes.

Joséphine : Oui, il faut ouvrir une porte parce qu’il n’y a aucun risque. Au pire, c’est une découverte, une expérience. Parfois, c’est même pour ce qu’on a vécu pendant ces « tentatives » que l’on a des choses à raconter et que la vie est intensément là. Il faut essayer, et persévérer si ça prend un peu.

Alexandra : Oui, je veux insister sur la persévérance car beaucoup ont tendance à croire que la création est un divertissement et non un travail, or c’est un travail à plein temps. Ce n’est pas un refuge, et il faut s’accrocher si on veut pouvoir en vivre !

 

BJ : Qu’est-ce qui vous motive à persévérer dans ce milieu difficile ?

Joséphine : L’écoute que l’on me témoigne petit à petit aujourd’hui.

Alexandra : L’envie de faire partager mon regard sur le monde, et la confiance que l’on me porte pour que je pose mes mots sur les idées des autres. Aussi, j’adore développer ma capacité à créer des projets auxquels je sais que je consacrerai un début, un milieu et une fin, sans avoir la peur bleue que j’avais au début.

Propos recueillis par Laurie Darmon et Zacharie Ellia


Pour vous procurer Fille qui roule n’amasse pas mec c’est ici.

Pour suivre leur actualité : Facebook du spectacle Joséphine Ose ; Aperçu de la pièce Nulle part à l’heure ; Page Artiste sur Ben et Joss.

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