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Johanna Benaïnous, jeune femme au regard talentueux.

le 7 février 2015
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Johanna Benaïnous est une créative qui a de la suite dans les idées. Prochainement diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, cette passionnée de photographie, originaire de Bretagne, a déjà déposé son regard artistique sur plusieurs ateliers et mûrit plusieurs projets dont certains prendront racine sur le sol new-yorkais. Rencontre.

 

Ben et Joss : Quel a été ton déclic pour commencer la photographie ?
Johanna Benaïnous : L’été de mes treize ans, je passais mes deux mois de vacances en Bretagne avec ma meilleure amie. C’était à l’époque la mode des skyblog et nous passions beaucoup de temps à éplucher les merveilles adolescentes de la toile. C’était notamment la mode des blogs photographiques. Deux mois à la campagne c’est assez long. C’est donc un peu pour nous occuper que nous avons commencé toutes les deux à faire de la photo. Nous avons créé un skyblog que nous avons tenu pendant plus de quatre ans. De là, mon goût pour la photographie s’est développé et est très vite devenu ma première passion.

 

BJ : Quel parcours as-tu suivi ?

Johanna : A mes 18 ans, j’ai intégré les Ateliers de Sèvres à Paris, avant d’entrer à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris en 2010, dans l’atelier Eric Poitevin. Diplômée en 2013, j’ai poursuivi un second cursus et suis en dernière année. Parallèlement, en janvier 2014, j’ai pu étudier six mois à la prestigieuse School of Visual Art de New-York.

 

BJ : Parle-nous de ton style photographique.
Johanna :
Imprégnée de la campagne de mon enfance, je puise mes sources d’inspiration tant dans le milieu agricole que dans le langage animal. Je m’intéresse aux éléments naturels, à leur poésie organique et à l’imagerie fantasmagorique qui peut découler de leurs mouvements. Le dialogue s’instaure alors entre l’imprévisibilité des corps et des mises en scène romanesques. Je pense la photographie à l’image de poèmes visuels, où l’esthétique picturale sert le romantisme et l’imaginaire. L’animal est un sujet qui m’intéresse particulièrement. En le photographiant, je cherche à traverser l’opacité de son regard. Celui-ci devient à mes yeux sujet spirituel. De cela découle un cadre esthétique qui fait rejaillir l’artifice de la nature, extirpant l’animal de sa condition, le sacralisant jusqu’à le rendre icône. C’est pourquoi je choisis de capter les instants où la mort et la vie s’épousent, ces moments primitifs et sacrés qui transportent le sujet animal vers la sphère du rituel, de la cérémonie.

 

BJ : Si tu devais te projeter dans 10 ans … ?
Johanna :
Lors de mon échange à New York, j’ai eu la chance de rencontrer une étudiante des Arts Décoratifs de Paris, Elsa Parra. Nous sommes devenues amies, et nous travaillons ensemble aujourd’hui. Nous avons notamment un grand projet commun. Nous sommes en quelques sortes devenues un binôme et nous projetons de repartir travailler à New-York l’année prochaine. Se projeter dans 10 ans lorsqu’on s’encre dans le milieu de l’art est très difficile, voire impossible. Je continuerai mon approche artistique de la photographie, j’espère pouvoir exposer, et vivre un peu de mon travail. Mais je ne me considère pas uniquement comme photographe, je pense qu’aujourd’hui il est nécessaire et enrichissant d’être polyvalent et d’être ouvert aux différentes opportunités qui se présentent à nous. La direction artistique m’intéresse énormément. Elsa et moi travaillons actuellement avec 5 autres jeunes artistes sur un projet de revue artistique qui sortira en octobre prochain.

 

BJ : Qu’est-ce que l’art pour toi ? Comment définirais-tu le rapport que tu as à ton art ?
Johanna :
L’art est avant tout un besoin vital. Créer, c’est effectivement exprimer quelque chose de singulier, mais c’est aussi et surtout une nécessité. Si je ne crée rien, que je ne prends pas de photo pendant deux semaines, je suis déprimée. Chaque personne a un rapport à la création différent. Personnellement, je vois la photographie comme une expérience, comme une façon de figurer ma vision des choses, de tirer la réalité vers une image fictive, qui dirait autre chose, qui ferait voyager. Le cadrage d’une image pourra raconter une histoire, ou une autre. Les couleurs, la lumière, les textures ont toutes un langage particulier qu’il est très agréable de manipuler. Les possibilités sont infinies, une scène peut être décrite, peinte, vue sous tellement d’angles différents. C’est très excitant.

 

BJ : On te dit nuit créative, tu réponds ?
Johanna :
Une nuit créative, c’est un début de soirée qui ne finit jamais. C’est assez dingue d’ailleurs, parce que lorsqu’on créer, et qu’on aime ce qu’on fait, on perds complètement la notion du temps, de la température, de l’espace. On est complètement absorbé par ce qu’on fait, emplis d’adrénaline. A New-York, il m’arrivait de shooter en extérieur alors qu’il faisait -5°, et c’est seulement à la fin du shooting que je me rendais compte que je ne sentais plus mes pieds. La nuit blanche c’est un peu pareil, en moins froid.

 

BJ : Quelle est la prochaine étape de ton parcours artistique ?

Johanna : Etant en 5ème et dernière année aux Beaux Arts de Paris, je prépare mon diplôme qui aura lieu en juin prochain. Je participe actuellement à une exposition collective dans la Galerie des Femmes à Saint-germain-des-Prés. Sept jeunes femmes artistes et moi-même exposons durant un mois. Je suis aussi en train de préparer ma première exposition personnelle qui se tiendra en septembre/octobre prochain.
Je travaille parallèlement avec mon équipe sur notre projet de revue artistique bi-annuel, dont la première édition sortira en octobre 2015. Enfin, je compte présenter des résidences à New-York avec Elsa, en tant que binôme.

Propos recueillis par Zacharie et Laurie


Quelques photographies de Johanna Beinaïnous


Pour suivre son actualité : Site ; Page Artiste sur Ben et Joss.

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