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Virgile Texier, un souffle nouveau sur le cinéma.

le 8 décembre 2014
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Il y a deux ans seulement, à l’âge de 25 ans, Virgile Texier co-réalisait son premier clip et signait en même temps la promesse d’une carrière remplie de talent. Un rythme rapide, des images qui s’enchainent, belles et intempestives, une esthétique soignée, des couleurs gracieuses, des corps qui s’entremêlent, s’attirent et se repoussent, s’aiment et se détestent. Rencontre avec un futur grand du cinéma, pour ne pas dire déjà grand.

 

Ben et Joss : Bonjour Virgile que fais-tu dans la vie de tous les jours ?

Virgile Texier : Je suis réalisateur, ce qui consiste essentiellement à écrire des scénarios de clips, de pubs et de films toute la journée. Et parfois lorsqu’on gagne une compétition, l’un d’eux se réalise et on se retrouve sur un plateau. Sinon à côté je suis courtier en art contemporain, je recherche des œuvres pour des collectionneurs privés ou publics. J’aime bien cette association de deux activités, chacune est l’oxygène de l’autre.

 

BJ : Quel est ton parcours ?

Virgile : Je me suis lancé à 18 ans, parce que je ne me connaissais pas bien encore, dans des études de commerce. Cela a été la source d’une grande désillusion sur ce qu’étaient les études supérieures. Elles m’ont néanmoins permis d’entrevoir ce que je ne serai pas. Je me suis précipité l’année suivante à la Sorbonne pour m’inscrire en Littérature Moderne, j’y suis resté quatre ans, je me souviens de l’admiration que je nourrissais à l’égard de mes professeurs. Ils étaient animés et moi aussi, de nouveau. Parallèlement j’ai commencé la photographie, en empruntant le matériel de ma mère et des bouquins de techniques. Mais j’ai vite compris qu’il valait mieux que je passe à la vidéo.

 

BJ : Qu’est-ce qui t’inspire pour créer ?

Virgile : Je ne l’ai pas encore identifié avec précision. Mais il y a un sentiment initial très simple. Je suis assez fasciné par les réalisateurs -comme un enfant pourrait l’être par un pianiste- j’aime leur virtuosité et  je crois que j’ai envie de leur ressembler. Il y a sûrement au fond de moi une démarche souterraine de mimétisme. Je pourrais me tromper.

 

BJ : C’est là tout le charme d’ailleurs. Y a-t-il un film en particulier qui a nourri ce désir ?

Virgile : Je ne me souviens pas tellement d’un film en particulier, ni d’un réalisateur. Même si je ne jure que par P.T. Anderson et Terrence Malick hormis To the Wonder, je ne peux pas dire qu’ils soient à l’origine de ma vocation. En revanche, je me souviens d’un soir lors d’une fête, un ami, Gabriel Korda, m’a présenté le groupe LOGO qui venait de signer chez Kitsuné, on a discuté, on a sympathisé et je leur ai proposé de réaliser un de leurs clips. Ils m’ont confié un morceau sans trop savoir pourquoi. Mon enthousiasme les avait peut-être convaincus. Un mois plus tard le clip a plu, Kitsuné l’a lancé immédiatement. Et on s’est retrouvés représentés chez Partizan avec ma co-réalisatrice de l’époque Alice Moitié. Je suis devenu réalisateur en quelques semaines, c’était une période grisante.

Clip réalisé pour le groupe LOGO

 

 

BJ : On remarque à travers tes travaux un sens esthétique prononcé, avec des visuels forts et géométriques. D’où cela vient-il ? Famille d’artistes ?

Virgile : En fait je suis franc-maçon, je suis obsédé par les triangles et les éclipses. Sinon, effectivement mon père est artiste/plasticien, mais je ne sais pas dans quelle mesure cela m’a influencé, peut-être pas tellement au fond. Ou alors à croire d’une certaine façon que l’exploration de son identité est une chose suffisamment importante pour y consacrer sa vie.

 

BJ : Envisages-tu les films que tu réalises comme les vecteurs d’un message ? 

Virgile : Je n’ai pas de message particulier à faire passer. Je ne cherche pas à en faire passer d’ailleurs. Mais des thèmes récurrents existent dans mes travaux. J’aime filmer la violence sourde, retenue, les désirs silencieux, la frustration, l’expression des pulsions sexuelles. A ce titre, j’adore la figure du couple, je la trouve fascinante. C’est ce que je préfère filmer, car elle permet toutes les combinaisons, tous les ressorts dramatiques. Dès que j’en parle, cela m’anime, elle représente pour moi une source intarissable d’intérêt. A contrario, je serais incapable de filmer une relation père-fils ou plus largement familiale, je ne parviens pas à imaginer quoi que ce soit d’intéressant autour de la famille.

 

BJ : Qu’est-ce que l’art pour toi ? Comment définirais-tu le rapport que tu as à ton art ?

Virgile : Je crois que j’ai un rapport de nostalgie à l’art. Je ressors souvent mélancolique et triste des musées et des expositions. Cela doit me rappeler d’une façon ou d’une autre mon enfance.

 

BJ : La réponse est belle… Quelle est la prochaine étape de ton joli parcours artistique ?

 Virgile : J’ai réalisé un clip pour Arkadin, un artiste du label cinq7, désormais disponible juste ici. Mon dernier court-métrage, dans lequel ont joué Claire Laffut et Benjamin Siksou, sort début 2015, il y est bizarrement question d’un couple. Et actuellement je prépare simultanément un film de 45 minutes autour du destin mêlé de trois femmes ainsi qu’un long métrage.

Teaser de son court-métrage Todesangst

Propos recueillis par Zacharie Ellia

 


Photographies extraites des réalisations de Virgile Texier

 

 

 

 


Pour suivre son actualité : Première Heure, Vimeo, Instagram, Page Artiste sur Ben et Joss

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